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Point de Rosée

un cas concret

Sécher son linge à l'intérieur

Sécher son linge à l'intérieur.

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Combien d’eau une machine de linge relâche

Quand du linge sèche à l’intérieur, l’eau qu’il contient ne disparaît pas. Elle passe dans l’air sous forme de vapeur. Le bon réflexe n’est pas de regarder seulement « l’humidité » comme un chiffre isolé, mais de comprendre ce que l’air peut contenir à une température donnée.

L’humidité relative est un pourcentage de saturation. Ce n’est pas une quantité d’eau. Deux airs affichant le même pourcentage ne contiennent pas la même masse de vapeur si leur température diffère. À titre de repère, à 20 °C et 50 % d’humidité relative, un mètre cube d’air contient environ 8,6 g d’eau. À 20 °C et 100 %, ce même volume en contient environ 17,2 g. Cela montre une chose simple : l’air d’une pièce ne stocke que quelques grammes d’eau par mètre cube.

C’est pour cela qu’assécher l’air d’une pièce une seule fois ne représente qu’une faible quantité d’eau. Un mètre cube d’air ne contient qu’une dizaine de grammes d’eau. Le vrai sujet, quand on fait sécher du linge dans un logement, n’est donc pas un « stock » unique qu’il suffirait d’enlever une fois. C’est un apport continu. Tant que le linge rend de l’eau, l’air se recharge.

On pourrait être tenté de convertir cette eau en « litres par jour ». Ce site ne le fait pas. Cette conversion dépend de deux données que l’on ne connaît pas sans mesurer le local : le renouvellement d’air et le débit des apports d’eau. Or, dans une pièce réelle, ces apports varient selon le linge, les occupants et les autres sources d’évaporation. Afficher un résultat chiffré en litres par jour à partir d’un simple calcul donnerait une fausse précision.

Ce que l’on peut dire avec certitude, c’est ceci : si vous séchez du linge dans une pièce, vous ajoutez de la vapeur à l’air. Si cette vapeur n’est ni évacuée ni retirée, l’humidité relative monte. Et si elle monte assez, certaines surfaces deviennent plus froides que le point de rosée de l’air ambiant. À ce moment-là, la vapeur se dépose en eau liquide.

Le point de rosée est précisément la température à laquelle l’air, refroidi sans changer sa quantité d’eau, arrive à saturation. En dessous de cette température, l’eau ne reste plus entièrement sous forme de vapeur. Le calcul utilisé sur ce site repose sur la formule de Magnus avec les coefficients de Sonntag 1990, valable de −45 °C à +60 °C, avec une incertitude annoncée de ± 0,35 °C. Les valeurs affichées par le simulateur sont donc des résultats calculés, pas des relevés sur place.

Où elle se dépose

L’eau issue du linge ne se dépose pas « dans la pièce » de façon uniforme. Elle condense sur les surfaces dont la température est inférieure ou égale au point de rosée de l’air intérieur. La condensation dépend donc de la température de la surface, pas de celle de l’air prise seule.

Un exemple simple suffit à fixer les idées. À 20 °C et 50 % d’humidité relative, le point de rosée est de 9,3 °C. Une vitre à 9 °C se couvre alors de buée. La buée visible n’est pas un phénomène à part : c’est juste la forme la plus facile à voir d’un dépôt d’eau liquide sur une surface trop froide.

Autre repère utile : à 18 °C et 75 % d’humidité relative, le point de rosée est de 13,5 °C. Cela veut dire qu’une surface à cette température, ou plus froide, peut recevoir de la condensation dans cet air-là. Quand on fait sécher du linge à l’intérieur, on augmente la quantité de vapeur présente dans l’air. Le point de rosée monte alors avec elle. Plus ce point monte, plus le nombre de surfaces susceptibles de condenser augmente.

L’air chaud peut contenir davantage de vapeur que l’air froid. C’est pourquoi un même air, simplement refroidi, finit par déposer de l’eau sans qu’on ait ajouté une seule goutte. Cette idée est essentielle pour comprendre ce qui se passe près des vitrages, dans les coins et sur les zones les plus froides.

Les angles sont des emplacements typiques de condensation précoce, car ils perdent leur chaleur dans deux directions à la fois. Leur température de surface peut donc être plus basse que celle des autres zones. Dès que le point de rosée de l’air intérieur dépasse cette température, de l’eau peut s’y déposer. La condensation est la condition nécessaire d’une paroi durablement humide. En revanche, elle ne donne pas de calendrier : l’apparition de traces dépend aussi du matériau et du temps d’exposition.

Si vous voyez de la buée après avoir étendu du linge, l’ordre des causes est généralement le même : évaporation du linge, hausse de la vapeur dans l’air, élévation du point de rosée, puis condensation sur les surfaces les plus froides. Le phénomène se comprend donc par la physique de l’air humide, pas par une simple impression de « pièce trop humide » prise au hasard.

Les trois façons de la traiter

Il n’y a que trois leviers cohérents face à l’eau relâchée par le linge : savoir où l’on se situe, évacuer l’air chargé en vapeur, ou retirer cette eau de l’air avec un appareil adapté.

  • Mesurer : un hygromètre indique l’humidité relative. C’est le seul moyen de savoir où l’on se situe avant de choisir un appareil.
  • Évacuer : si l’air humide sort et qu’un air moins chargé le remplace, la pièce se décharge en vapeur.
  • Retirer l’eau de l’air : un appareil peut capter l’eau qui revient continuellement dans l’ambiance.

La mesure vient d’abord. Sans hygromètre, on travaille à l’aveugle. Une vitre embuée dit qu’il y a déjà condensation sur une surface froide, mais elle ne donne pas à elle seule l’état général de l’air. Le pourcentage d’humidité relative aide à relier ce que l’on voit aux températures de surface réellement en jeu.

Le retrait actif de l’eau passe par le déshumidificateur. On parle d’appareils exprimés en litres par jour parce qu’ils ne vident pas un volume d’air une fois pour toutes. Ils retirent une eau qui revient sans cesse tant que des apports continuent. Pour les modèles électriques domestiques, les capacités courantes vont de 10 à 30 litres par jour.

Parmi eux, le déshumidificateur à condensation, dit à compresseur, est prévu pour des pièces à 13-15 °C au minimum. En dessous, son rendement chute fortement et il peut givrer. Si votre pièce est plus froide, la seule formulation prudente est la suivante : vérifiez la plage de fonctionnement annoncée par le fabricant de l’appareil envisagé. Ce site n’affirme pas qu’une technologie donnée fonctionne mieux qu’une autre en dessous de 15 °C.

Il existe aussi des absorbeurs chimiques. Leur principe est différent : ce sont des dispositifs passifs, sans électricité ni ventilateur. Ils attirent l’humidité grâce à un sel, qui se dissout peu à peu et doit être remplacé. Leur logique d’usage n’est pas la même qu’un appareil électrique, mais ils ont bien un point commun : ils retirent de l’eau de l’air, au lieu de se contenter d’en constater les effets.

Ce qui ne marche pas

Ce qui ne marche pas, d’abord, c’est de raisonner uniquement avec une sensation. Un air peut sembler « supportable » et pourtant condenser sur une surface froide. L’inverse est vrai aussi. Sans hygromètre, vous ne savez pas où vous êtes sur l’échelle de saturation.

Ce qui ne marche pas non plus, c’est de confondre humidité relative et quantité d’eau. Lire 80 % n’a pas le même sens selon la température. Un pourcentage élevé dans de l’air froid ne représente pas la même masse de vapeur qu’un pourcentage identique dans de l’air plus chaud. C’est une erreur classique, et elle conduit à mal interpréter ce qui se passe quand le linge sèche.

Autre impasse : croire que la condensation dépend seulement de la température de l’air. Non. Elle apparaît sur les surfaces assez froides pour atteindre le point de rosée de l’air ambiant. Tant qu’on ne regarde pas la température des surfaces, on manque la cause immédiate de la buée.

Ne fonctionne pas non plus : demander un calcul en litres par jour à partir d’une simple masse d’eau supposée. Le site refuse cette conversion parce qu’il manque deux inconnues décisives : le renouvellement d’air du local et le débit des apports d’eau. Sans elles, le chiffre affiché serait trompeur.

Enfin, ne comptez pas sur une règle générale du type « tel appareil ira mieux en dessous de 15 °C ». Ce site ne l’écrit pas. La seule information sourcée ici est la limite pratique du modèle à compresseur autour de 13-15 °C. Pour le reste, il faut contrôler la plage de fonctionnement donnée par le fabricant de l’appareil précis que vous envisagez.

Si votre problème dépasse l’air intérieur et les appareils qui en retirent l’eau, il relève d’un autre métier. Point de Rosée traite de l’air humide, du point de rosée, de la condensation et de l’hygrométrie. C’est sur ce terrain qu’il faut analyser le séchage du linge à l’intérieur : une source de vapeur, un air qui se charge, un point de rosée qui monte, puis de l’eau liquide sur les surfaces les plus froides.