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Point de Rosée

face à face

Faut-il aérer quand il pleut : ce que ça change

Ventiler ou déshumidifier : ce que c'est, ce que ça vaut, et ce que nous ne pouvons pas affirmer.

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Deux actions qui ne visent pas la même chose

Ventiler et déshumidifier retirent de l’eau de l’air, mais pas de la même façon. Ventiler remplace une partie de l’air intérieur par un air venu d’ailleurs. Déshumidifier enlève de l’eau à l’air déjà présent dans la pièce. La différence paraît simple, pourtant c’est elle qui explique bien des confusions.

Le point décisif est le suivant : l’humidité relative n’est pas une quantité d’eau. C’est un niveau de saturation. Deux airs affichant le même pourcentage d’humidité relative peuvent contenir des quantités d’eau très différentes si leur température n’est pas la même. Un air plus chaud peut porter davantage de vapeur d’eau qu’un air plus froid. C’est pour cela qu’un air qui se refroidit finit par atteindre la saturation, puis dépose de l’eau, sans qu’on ait ajouté la moindre goutte.

Quand on cherche à comprendre la buée sur une vitre, un angle froid ou une surface qui reste humide, il faut donc quitter l’idée vague de « pièce trop humide » et regarder le mécanisme réel. La condensation apparaît quand la température d’une surface est inférieure ou égale au point de rosée de l’air ambiant. Elle ne dépend pas de la température de l’air prise seule. Elle dépend de la rencontre entre un air donné et une surface donnée.

Ventiler agit surtout sur l’air ambiant en le remplaçant. Déshumidifier agit sur la quantité d’eau contenue dans cet air. Les deux peuvent faire baisser le point de rosée, donc réduire le risque de condensation. Mais ils n’obéissent pas au même raisonnement. Ouvrir ou extraire de l’air n’est utile que si l’air entrant contient moins d’eau que l’air sortant. Un appareil, lui, n’a pas besoin d’air extérieur pour retirer de l’eau à l’air intérieur.

Le cas où ventiler apporte de l’eau au lieu d’en retirer

Beaucoup de personnes se fient à une sensation : dehors, l’air semble frais, donc il devrait « assécher ». Ce n’est pas toujours vrai. La seule donnée qui tranche est la quantité d’eau portée par l’air, pas son impression de fraîcheur ni son pourcentage d’humidité relative pris isolément.

Un exemple typique suffit à montrer le piège. Un air à forte humidité relative mais froid peut contenir moins d’eau qu’un air plus doux avec le même pourcentage. Inversement, un air extérieur qui paraît acceptable parce que son humidité relative n’est pas extrême peut en réalité apporter plus de vapeur d’eau que l’air intérieur si sa température est plus élevée. Dans ce cas, ventiler ne retire pas d’eau : cela en ajoute.

C’est là que la physique de l’air humide devient plus utile que l’intuition. Si l’on fait entrer un air qui contient davantage de vapeur d’eau, on augmente la quantité d’eau présente dans le logement. Cet air pourra ensuite se refroidir au contact d’une surface plus froide. Si son point de rosée dépasse la température de cette surface, la condensation devient possible. La buée n’est donc pas la preuve qu’« il faut ventiler davantage » en toutes circonstances. Elle montre surtout qu’un air donné rencontre une surface assez froide pour atteindre la saturation.

Autrement dit, ventiler peut aider, ne rien changer, ou aggraver la situation selon l’air entrant. Ce n’est pas une contradiction. C’est la conséquence normale du fait que l’humidité relative n’est pas une quantité. Regarder seulement un pourcentage conduit facilement à une mauvaise décision.

Ce que le calcul permet de trancher, chez soi

Pour savoir si l’air extérieur aide ou non, il faut comparer des grandeurs cohérentes. Le site s’appuie pour cela sur le calcul du point de rosée avec la formule de Magnus et les coefficients de Sonntag 1990. Le domaine annoncé va de −45 °C à +60 °C, avec une incertitude de ± 0,35 °C. Les valeurs affichées par le simulateur viennent donc d’un calcul, pas d’une mesure directe, et cette incertitude est indiquée.

Ce calcul permet de répondre à deux questions concrètes. D’abord : à partir des conditions de l’air intérieur, quelle température de surface suffit à déclencher la condensation ? Ensuite : l’air extérieur contient-il potentiellement moins d’eau que l’air intérieur, ce qui rend la ventilation utile, ou davantage, ce qui la rend défavorable ?

Le point de départ reste un relevé simple : un hygromètre donne l’humidité relative de l’air. C’est le seul moyen de savoir où l’on se situe avant de choisir un appareil. Sans mesure, on navigue à vue. Avec une mesure, on peut relier l’humidité relative à la température de l’air et obtenir un point de rosée. Puis on compare ce point de rosée à la température des surfaces où la buée apparaît.

Ce que le calcul ne fait pas, en revanche, c’est promettre un résultat exprimé en « litres par jour » à partir d’une situation réelle de logement. Le site refuse cette conversion, car elle dépend de deux inconnues qu’un formulaire ne peut pas deviner : le renouvellement d’air du local et le débit des apports d’eau. Ces apports peuvent venir des occupants, du séchage du linge ou d’autres sources dans l’air intérieur. Sans ces données, donner un chiffre journalier calculé serait trompeur.

Le calcul ne donne pas non plus une date d’apparition des taches. La condensation est la condition nécessaire pour qu’une paroi reste humide dans la durée, mais elle ne fixe pas un délai. Le matériau et le temps d’exposition comptent aussi. Le bon usage du calcul est donc d’identifier un risque physique de condensation, pas d’annoncer un calendrier.

Pourquoi les deux se complètent plus qu’elles ne s’opposent

Opposer ventilation et déshumidification n’aide pas beaucoup. La plupart du temps, les deux répondent à des besoins différents et peuvent se compléter. Ventiler sert à remplacer un air intérieur par un autre air. Déshumidifier sert à retirer de l’eau de l’air présent. Selon les moments, l’un peut être plus pertinent que l’autre, mais il ne s’agit pas d’un duel abstrait entre deux « camps ».

Si l’air extérieur est favorable, la ventilation peut faire baisser la quantité d’eau contenue dans le logement et donc abaisser le point de rosée. Si l’air extérieur ne l’est pas, un appareil peut retirer de l’eau à l’air intérieur sans dépendre de ce remplacement. C’est exactement pour cela qu’il faut raisonner à partir des mesures et du calcul, pas à partir d’une règle unique.

Du côté des appareils, il faut rester précis. Un déshumidificateur à condensation, dit à compresseur, est prévu pour des pièces à 13-15 °C au minimum. En dessous, son rendement chute et l’appareil peut givrer. Sous 15 °C, la bonne règle est simple : vérifiez la plage de fonctionnement annoncée par le fabricant de l’appareil envisagé. Le site ne dit pas qu’une autre technologie ferait mieux dans cette zone, faute de documentation constructeur accessible qui l’établisse.

Il existe aussi des absorbeurs chimiques. Ce sont des dispositifs passifs. Ils n’emploient pas d’électricité, n’ont pas de ventilateur et captent l’humidité grâce à un sel qui se dissout peu à peu, puis doit être remplacé. Les déshumidificateurs électriques domestiques, eux, sont couramment annoncés dans une plage de capacités allant de 10 à 30 litres par jour. Cette information décrit des catégories d’appareils ; elle ne permet pas de déduire ce qu’il vous faudrait chez vous à partir d’un simple calcul d’air humide.

  • Mesurez l’humidité relative avec un hygromètre.
  • Comparez le point de rosée de l’air aux températures de surface concernées.
  • Décidez ensuite si l’air extérieur aide, ou si un appareil a davantage de sens.

Vue ainsi, la question n’est plus « ventiler ou déshumidifier » comme s’il fallait choisir une doctrine. La vraie question est : l’air entrant retire-t-il de l’eau, ou en apporte-t-il, et le point de rosée obtenu reste-t-il au-dessus des surfaces où la condensation se forme ? C’est ce tri que la physique permet de faire proprement.